Écrire l’hiver
Dans les contes, l’hiver est un personnage à part entière. Il dépouille les paysages, étouffe les terres sous un lourd manteau blanc ou les emprisonne dans un carcan de glace. La saison du froid révèle des vérités cachées, met à l’épreuve, protège et transforme. Écrire l’hiver, c’est écrire l’authenticité.
L’hiver nous apprend d’abord à traverser : marcher dans le froid, accepter l’immobilité apparente, continuer malgré la brume intérieure. Il nous apprend ensuite à voir clair : quand tout se retire, ce qui demeure apparaît avec une précision nouvelle. C’est aussi la saison où l’on doit protéger la chaleur, cette flamme fragile qui veille au cœur de la nuit, ce feu intérieur qui nous maintient vivants.
Dans les contes, l’hiver ouvre également la porte au merveilleux. La neige transforme le monde, les traces deviennent des signes, les rencontres prennent une dimension symbolique. Et sous la glace, imperceptiblement, le frimas prépare la renaissance : rien ne bouge en surface, mais tout travaille en profondeur.
Pour l’écriture sur soi, l’hiver est une saison intérieure précieuse. Il ramène à l’essentiel, à ce qui demeure quand tout le reste tombe. Il invite à reconnaitre et nommer ce qui tient, ce qui brûle encore, ce qui attend d’éclore.
Écrire l’hiver, c’est écrire la part la plus vraie de soi.